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Au crépuscule

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Devise : Ah vos ordre, maître diabolique.

MessageSujet: Au crépuscule Ven 29 Juil 2011, 19:27

[Je commence un rp pour qui veut. Répondez-y ou pas, de toute façon je ne pourrais pas faire suite à une éventuelle réponse avant le 15 ou le 16 juillet. J'avais juste envie d'écrire, vous excuserez si c'est un peu pompeux et pas très original... Par contre, avertissement pour quiconque accepte répondre: il est INTERDIT de faire apparaître tout ce qui s'apparante à des chaines/cordes/liens ou tout autre instrument pouvant servir à se retrouver emprisonné/enchainé/lié è_é]

Le crépuscule rougeoyait et l'atmosphère était étouffante, en dépit de l'heure tardive. Car la nuit et l'air frais était deux éléments inconnus dans les limbes de l'enfer. Le temps s'écoulait là-bas depuis des siècles, il n'y avait toutefois aucun impact. Les années passaient, l'aspect demeurait.
Fixant intensement l'horizon sans le voir, Isacielle se tenait bien droite, immobile, comme sculptée dans du marbre -d'un marbre qu'on devinait d'une froideur de glace sans même la toucher. Ses prunelles de jais se voilèrent peu à peu. Le paysage désolé, teinté de tout la gamme de rouge, du poupre à l'orangé, se brouilla progressivement à sa vue. Les contours se firent imprécis, tout devint flou, irréel, lointain. Ses yeux se perdirent. Encore un fragment de seconde, et elle avait disparu.
Un souffle de vent l'effleura. Isacielle frissona. Cela faisait des décennies qu'elle n'avait plus senti la fraîcheur de la nuit sur son corps. Elle avait oublié tout autre sensation que celle procurée par l'air sec et chaud de l'enfer. Avec la lenteur de ceux qui ont plus d'une vie devant eux, elle ouvrit les yeux. Il lui fallut quelques instants pour les accoutumer à l'obscurité si contrastante avec les braises flamboyantes de son lieu de départ. Puis toujours immobile, dans la même position que celle qui l'avait vue quitter les limbes, elle prit connaissance de ce qui l'entourait.

Il ne faisait aucun doute qu'elle avait attéri dans une forêt. Le ciel crépusculaire donnait à l'endroit un aspect un peu effrayant. Les ombres s'alongeaient. Le seul bruit discernable était le bruissement des feuilles. Aucun ruisseau alentour. Isacielle en fut très légrement contrariée; l'eau de ce monde-ci était une chose qu'elle appréciait particulièrement. Elle aimait beaucoup l'humidité et la fraicheur -autant dire que l'enfer n'était pas tout à fait approprié pour cela- et la froideur d'un mince filet d'eau pure eut été satisfaisante. Mais l'instant d'après, cet insignifiant détail avait trouvé sa place dans son esprit comme 'affaire classée', et elle l'avait oublié pour se concentrer sur autre chose de plus important.

Le lieu dans lequel elle se trouvait la laissait perplexe. Elle ne s'était pas vraiment attendue à cela. Car son objectif était de trouver quelqu'un, et le système de téléportation de l'enfer à destination du monde terrestre étant fichtrement bien fait, elle était censée avoir débarqué à proximité de ladite personne. Or la forêt n'avait pas l'air de grouiller de monde. Mais si deserte paraissait-elle, quelqu'un devait donc s'y trouver.

Avec un calme et une douceur de glace, le visage serein, les yeux indéchiffrables, Isacielle se mit à marcher. Sa longue tunique noire, souple et légère, effleurait silencieusement le sol, ondulant légèrement sous le vent. Elle savourait la sensation de ses pieds nus, dissimulés par les voiles du vêtement, se déplaçant souplement sur le sol de terre fraiche. Elle avançait lentement. Elle n'était pas pressée. Elle trouverait, elle n'avait aucun doute là-dessus. En tant voulu, elle tomberait sur l'être qu'elle était venu chercher. Alors elle le raménerait avec elle, dans les limbes, car tels étaient les ordres qu'elle avait reçu. De gré ou de force.

Bientôt, elle déboucha sur une clairière.


Dernière édition par Léore le Mer 30 Juil 2014, 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Mar 02 Aoû 2011, 18:08

[bon ben je m'incruste hein !]
Lillian était furieux. Furieux contre l'administration des enfers, qui, non contente d'être gérée par une bande d'anges en jupettes, était totalement incompétente. Une âme vendue était une âme vendue, et il était tout à fait hors de question de laisser la sienne à ces crétins de fonctionnaires.

Le jeune homme avait été invoqué par une jeune esclave il y avait deux semaines de cela. Ex-duchesse faite prisonnière de guerre lors de la conquète de son duché par le royaume, elle voulait se venger de tout un tas de gens et le voir tous à l'agonie à ses pieds; bref, un cas somme toute classique. Elle avait passé avec le démon un contrat en bonne et due forme, stipulant que son âme appartiendrait à Lillian une fois le travail accompli, en respectant la procédure, tout le tintouin et caetra. Oui mais voilà; ils avaient à peine eu le temps d’entamer le boulot que la contractante mourrait de noyade pendant qu'il avait le dos tourné.

Et c'était inadmissible ! Logiquement, les enfers ne prenaient plus en charge sa mort à partir de l'instant où le contrat avait été scellé. Donc, la contractante n'aurait pas dû mourir avant d'avoir bouclé ou brisé son contrat. Tout était parfaitement clair ! Pourquoi est-ce que ces bras-cassés l'avaient fauchée ? Ce devait encore être un de ces apprentis incapable de voir une aura qui l'avait prise. Et Il n'avait sans doute aucune idée de la difficulté à trouver un contractant, ni qu'il ne fallait pas faucher n'importe qui. C'était si compliqué que ça de lire un parchemin ?
De toute façon, ces anges étaient vraiment énervants, avec leur organisation maladive et leurs procédures interminables. Si seulement les démons étaient plus nombreux, ils pourraient peut-être faire entendre leur voix. Mais c'était peine perdue. Les démons était quatre fois moins nombreux que les anges, et la plupart se fichait du système établi. D'ailleurs, Lillian non plus n'en avait rien à faire, sauf quand un crétin fauchait une âme qui lui appartenait. Comme c'était agaçant.

Mais revenons-en à nos moutons. Lorsque, quelques heures plus tard, Lillian était venu se plaindre au scribe responsable des admissions erronées, on lui avait dit que la procédure de retour prendrait 34 semaines, ni plus, ni moins. 34 semaines à ne strictement rien faire, puisque gérer deux contrats en même temps était tout à fait impensable. Alors il avait fait un scandale, avait pris l'âme sous le bras, et avait jeté à la figure des fonctionnaires consternés qu'ils n'avaient qu'à faire leur boulot. Ces incapables allaient probablement envoyer quelqu'un la récupérer, mais tant pis. Un exécuteur n'avait aucun droit de prendre une âme de contractant, et tous le savaient très bien.

Bien sûr, celui qui serait désigné n'aurait pas vraiment le loisir d'abandonner sa cible; mais comme il ne pourrait pas la ramener non plus... eh bien, il devrait probablement la suivre jusqu'à ce que l'annulation soit validée. Pendant 34 longues semaines.
Ha, pour une fois que Lillian avait l'occasion de retourner le système contre ces idiots...Qui que ce soit, ça lui ferait les pieds.

Nous disions donc que le démon avait récupéré son âme. Cependant, une âme sans corps n'étant pas franchement utile, Il avait dû trouver un réceptacle. Lillian avait donc eu recours à une solution très provisoire : fourrer la fille dans un corps de perroquet.
Cela avait ses inconvénients.
Cella - la contractante - n'avait pas un caractère très facile. Et alors même qu'elle avait repris conscience voilà quelques heures, elle n’arrêtait pas de vociférer contre le démon qu'elle avait invoqué.
"Mais qui est-ce qui m'a fichu un imbécile pareil, même pas fichu de garder sa maîtresse en vie ! On croit que parce les démons vous prennent votre âme pour la bouffer, ils seront capables de faire leur boulot, pensez vous ! En plus il fallait que..."
Et patati et patata.

Lillian avait donc proposé de se poser pour réfléchir. Lui et sa maîtresse étaient donc allés dans le bois qui jouxtait le château de l'ex-propriétaire de Cella.
Là, la scène était tout à fait unique. Il était assez rare de croiser, au beau milieu d'une forêt, un jeune homme se faisant copieusement sermonner par un oiseau perché sur son épaule. Et cela d'autant plus s'il était habillé comme un gentilhomme, infiltration oblige.

Le démon se retenait d'étrangler le volatile en attendant patiemment l'arrivée d'un exécuteur. Pourris de faucheurs...

Spoiler:
 


Dernière édition par Claire le Dim 14 Fév 2016, 21:58, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Lun 15 Aoû 2011, 02:11

Isacielle s'arrêta quelque secondes, à l'orée de la clairière. Encore prisonnière de l'obscurité engendrée par les branches hautes et broussailleuses qui ne laissaient apparaître du ciel seulement quelques trouées éparses, elle se pensait toujours invisible. Elle ne se préoccupa pas toutefois de s'assurer plus efficacement qu'elle était à l'abri des regards; elle ne se souciait pas d'être vue. Elle ne comptait guère sur un quelconque effet de surprise.

Elle arrêta son regard, et le conserva fixé sur l'unique élément intéressant de la scène qui s'offrait à elle.
Si elle avait jeté un coup d'oeil alentour, elle aurait pris conscience de l'étendue de verdure irrégulière et sauvage qui tapissait la clairière. Des ombres noirs que les arbres entourant la trouée jetaient sur les herbes folles. De l'étrange teinte noirâtre mais lumineuse que la semi-obscurité du crépuscule donnait à ces dernières, du moins aux rares endroits où l'épaisseur du feuillage la laissait s'écouler. De l'uniformité du ciel -enfin révélé par le dégagement dans le toit de verdure qui le dissimulait- dépourvu du moindre nuage, simplement parsemé de myriades d'étoiles. De l'inhabituelle absence de la présence animal qui peuplait ordinairement ce genre d'endroit. De l'aspect général du lieu, enfin, qui se révélait mystérieux mais non désagréable.
Si elle avait jeté un coup d'oeil alentour. Elle n'en fit rien, cependant. Elle n'avait cure de tout cela. Ce n'était pas son but, et aussitôt que ce titre ne pouvait s'attribuer à quelque chose, ce dernier perdait toute considération à ses yeux, n'ayant plus aucune place dans ses pensées. Il y avait longtemps qu'elle était dépouillée de tout intérêt personnel, se bornant, désintéressée par tout le reste, à obéir. Car elle ne vivait plus que pour cela désormais. L'obéissance, éternellement et inexorablement vouée à celui qui étendait sur elle son emprise. Cela faisait cependant trop longtemps qu'il en été ainsi pour que la lame aiguisée de l'injustice entaille sa résolution absolue d'obéir, la poussant à se révolter. Elle n'avait plus même conscience qu'il pourrait en être autrement; qu'elle n'avait pas été crée, à l'origine, pour la servitude; qu'elle n'avait d'ailleurs pas toujours été ainsi soumise, esclave de ses propres erreurs. S'en était-elle seulement déjà souvenu, depuis ce jour fatal? Ce jour où, la douleur ayant eu raison de ses actes, elle avait sombré? Improbable. Car dès lors, toute humanité l'avait abandonnée, et avec elle tout sentiment et tout désir. De sorte à ce que jamais elle n'eut souhaité retrouver ce dont elle avait été dépouillé, ne sachant guère qu'elle l'avait un jour possédé. Et ayant oublié l'unique chose qui lui incombait de faire pour immerger.

Seul lui importait, donc, celui qui se trouvait au centre du spectacle, car c'était pour lui qu'elle était là.
Elle l'avait trouvé. Évidemment. Elle n'avait jamais douté que cela arriverait. Il ne restait qu'à le convaincre de la suivre, où, l'alternative précédente échouant, à l'emmener de force. Elle ignorait parfaitement pourquoi le roi des enfers avait besoin de lui, elle ne s'en souciait guère, toutefois. On ne la mettait jamais au courant. N'étant ni ange ni démon, elle n'était donc pas de ceux chargés de l'administration. On l'avait envoyée car elle existait désormais pour servir, non pour poser des questions. Elle se contentait donc de servir, se gardant d'interroger qui que ce soit. Quand bien même en aurait-elle eu le loisir qu'elle ne l'aurait sans doute pas fait, car elle se fichait superbement du motif de ordres qu'elle recevait, ce dernier ne pouvant nullement lui faciliter la tache.

Soudain, un détail insolite vint entraver de façon infime l'uniformité presque mécanique des pensées d'Isacielle. Bien qu'elle se trouvât à présent sur Terre, elle sentait à proximité comme un aura familier, trop familier pour qu'il ne provînt pas de l'enfer. Un élément qui n'avait en rien sa place chez les humains.
Sans plus s'interroger, cependant, et sans se départir de sa froide sérénité habituelle, elle s'offrit un court instant afin de toiser sa cible.
C'était un humain de parmi les plus banals, du moins en apparence. Il n'avait ni l'air d'être un sombre crétin, ni celui d'un génie à l'intelligence rare. Elle espérait qu'il fût juste assez futé pour comprendre qu'elle le vaincrait dans tout les cas s'il s'opposait à elle -et qu'il était donc vain de s'y essayer-, mais pas trop non plus -à ses yeux, ceux qui réfléchissaient excessivement avaient tendance à compliquer des choses d'une simplicité enfantine. L'unique détail étonnant se manifesta sous la forme de l'animal qui l'accompagnait. Isacielle n'était guère accoutumée aux perroquets, et celui-ci avait de surcroît un air boudeur un peu trop humain.
Ayant fini son bref examen, elle s'avança silencieusement. Si elle n'avait auparavant aucunement cherché à se dissimuler, sans pour autant signaler sa présence, elle s'était désormais révélée au grand jour sans le moindre scrupule. Ne doutant pas qu'elle parviendrait à ses fins, elle n'avait mis en place aucun plan, basé ou non sur l'effet de surprise.

Mais alors qu'elle progressait, se rapprochant toujours davantage de l'homme, un véritable étonnement la saisie. Et bien qu'elle ne se posait jamais de questions sur les motivations du roi des enfers à l'envoyer en mission, elle ne pu toutefois empêcher cette pensée de naître:

*Qu'est-ce que Son Altesse peut-elle bien vouloir faire de cette créature?*

Car elle s'en rendait compte à présent, ce n'était en rien la présence de l'humain qui avait guidé ses pas dans la clairière, au milieu de cette forêt isolée de toutes terres habitées. C'était le perroquet qui l'avait attiré, et c'était pour cette mystérieuse créature qu'elle avait été envoyée. Quant aux raisons qui poussaient le ténébreux dirigeant du monde des flammes à souhaiter un perroquet, elle se gardait bien de les chercher. Et puis ça n'avez pas d'importance. Ça ne changeait rien, en soit.
Il était évident que pour s'approprier l'animal, il serait nécessaire d'aborder l'homme en premier. Décidée à ne pas traîner, la femme le salua donc courtoisement, mais d'une façon qui pourrait, au yeux d'un humain, paraître étrangement dénuée de toute chaleur.

[Salut. Je suis encore en vacances, mais j'écris depuis le IPad. J'espère que tes vacances se passent bien.
Je suis d'accord pour faire de l'administration ce que tu as dit ainsi que pour le climat.
Je crois que je vais faire une fiche de personnage pour Isa, et il sera plus facile de comprendre ce que je raconte sur elle après avoir lu son histoire. Ce n'est ni un ange ni un démon, c'était humaine à l'origine. De base, elle est très froide et dépourvu de presque tout sentiment (à voir dans son histoire), mais je me dis que ça sera peut-être dur de faire jouer en rp un personnage sans sentiments... J'essayerais quand même de m'y tenir.
Quant à faire jouer Cella, c'est une bonne idée, mais par Laura ou alternativement par nous deux?
Me suis pas relue, je le ferais si j'ai le temps et en de meileurs circonstances]



Dernière édition par Léore le Ven 22 Juin 2012, 15:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Jeu 01 Sep 2011, 00:03

"Si j'étais pas une saleté de piaf, j'te gifflerais tiens ! continuait de vociférer l'oiseau. Tiens d'ailleurs, prend ça !" Et elle entreprit de creuser un trou dans le crâne de Lillian crâne à coups de bec.

De tous les fous qui avaient invoqué le loup par le passé, cette fille était parmi les plus atteints. Pourtant, il lui trouvait une certaine sympathie, malgré son égocentrisme et son sale caractère.
Sauf quand elle lui donnait des coups de bec.
La plupart des invocateurs, même fous, avaient cela d'agréable qu'ils n'osaient pas frapper leur démon. Lillian se demanda s'il y avait moyen d'ajouter une clause de non-agression dans ses contrats sans anéantir l'image de puissance qu'il se devait de donner.

"Tu sais, énonça-t-il calmement, si tu perces le crânes de cet homme et le tues, non seulement le contrat sera brisé, mais tu as aussi de grandes chances de te noyer dans le sang de ce tordu."

En réalité, c'était totalement faux, mais l'oiseau cessa son manège en grognant.

C'est alors qu'une mince vapeur de souffre, parfum caractéristique des enfers parvint au nez de Lillian. Il tourna la tête dans sa direction. Une silhouette brune ne tarda pas à émerger des fourrés, le visage aussi impassible que peut l'être une figure humaine. C'était inhabituel; la plupart des exécuteurs étaient toujours drapés dans leur suffisance comme dans un manteau, ou alors ils trainaient des pieds en râlant du froid qu'il faisait sur terre. Tout le contraire de cette femme, qui avait simplement poursuivi sa route, tout droit jusqu'à lui, jusqu'à le dominer de toute sa hauteur. Là, le plus naturellement du monde, dans ce qui semblait être l'ordre naturel de choses, elle avait stoppé net.
Sans prononcer mot, sans esquisser quelque mouvement que ce soit, elle daigna tourner ses yeux vers le démon.

"Que puis-je faire pour vous ?" Demanda-t-il d'un ton très naturel, en la fixant d'un regard tout ce qu'il y a de plus aimable.

Au delà de son attitude étrange, Lillian nota quelque chose de vraiment bizarre. En dessous du souffre, cette fille ne sentait pas les plumes, comme tous les anges, ni une odeur démoniaque. Il y avait à peine un infime filament de parfum d'aura pour prouver qu'il ne s'agissait pas d'une femme de bois. Une odeur chaude qui semblait venir de très loin.

Cella commençait à s'agiter sur son épaule. Elle allait, sans aucun doute, se lancer dans quelque inutile diatribe sans fin, alors que le sujet ne la regardait en rien. Parfois, Lillian regretter ne ne pas être l'un de ces démons du nord qui pouvaient endormir un homme d'une tape sur l'épaule.
Enfin, Cella étant sa contractante, il pouvait balader son âme comme il le voulait sans être embêté par l'administration; mais faire subir ce traitement à une âme n'était jamais très bon, et toujours atrocement douloureux pour celle-ci. Non pas que cela lui déplaise, mais Cella était déjà assez peu supportable.
Pour l'instant, il faudrait se contenter d'espérer qu'elle se taise.

[la non-relecture nous aura toutes. >_<]
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Dim 11 Aoû 2013, 02:25

[Eh oui, ceci est bien réel! Profite de cet instant (je sais pas trop à quelle fréquence il risque de se reproduire).
Ouais, désolé, ma minable réponse ne vaut pas trop l'attente, mais c'était ça ou je te faisais languir encore quelques mois]

Le regard de glace d'Isacielle s'était à nouveau fixé sur le perroquet, avant même que l'homme ne réponde à son salut. C'était un des défauts de ce qu'elle était: elle avait un mal fou à détourner son attention de l'objet de ses ordres, et son esprit autant que ses yeux y revenaient implacablement, presque mécaniquement, à la manière d'un aimant.
Elle l'observait sans ciller gesticuler et grogner à n'en plus finir. Même le guichetier du bureau des renseignements des enfers aurait paru de bonne humeur à côté de cette bestiole à plumes. Il faudrait qu'elle trouve un moyen de calmer cette énergumène avant de la ramener avec elle, ou le retour dans les limbes s'annonçait pénible. Après tout, personne ne lui avait interdit de lui trancher la langue ou de lui arracher une ailes ou deux. Et si cela pourrait lui apaiser les nerfs... Son maître aurait tout le loisir de réparer les membres endommagés s'il le voulait. D'autant plus qu'elle avait comme idée que ça n'était pas tout à fait le perroquet en tant que perroquet qui intéressait ledit maître - ce n'était de toute évidence pas un oiseau ordinaire; un oiseau ordinaire de vociférait pas de la sorte, non? - bien qu'il n'eut évidemment pas jugé nécessaire de lui donner le moindre détail, quel qu'il fût. Et elle n'avait bien sûr pas même envisagé de protester. Enfin, du moment qu'elle ne transgressait pas les ordres, le reste n'était plus son affaire. Et il n'y avait pas eu ordre de ramener l'oiseau en un seul morceau.
Toute son attention concentrée sur l'objet de sa présence ici, ayant élagué de sa conscience tout ce qui n'était pas le piaf gesticulant, elle entendit à peine la question de l'apparent propriétaire de ce dernier.

"Vous pourriez me donner ce perroquet que vous avez là. Ce serait en fait fortement conseillé. Pour vous, s'entend."

Isacielle ne connaissait pas l'art de la finesse. Elle avait toujours trouvait bizarre les gens qui tournaient autour du pot quand on leur posait une question, à croire qu'ils avaient peur de dire la vérité, peur que celle-ci déplaise à leur interlocuteur. Elle ne voyait pas par ailleurs en quoi le fait que l'homme sache ce qu'elle souhaitait l’empêcherait de l'obtenir. Peut-être même aurait-il la présence d'esprit de le lui donner sans faire d'histoire. Car elle avait en elle ancrée la certitude qu'elle aurait avec elle le perroquet lorsque son pied se poserait à nouveau sur la terre desséchée et rougeoyante des enfers. Le doute... Encore une chose qui n'avait plus sa place dans la froideur de son implacable raisonnement.
Elle aurait dû lui en accorder une petite.

Car il ne suffit pas de demander pour avoir ce qu'on veut, surtout quand ce qu'on veut consiste en une âme entre les mains d'un démon furieux qui s'est malencontreusement vu délesté du privilège de lui ôter la vie, et qui a la ferme intention de rendre aussi pénible que possible celle de toute personne étant de près ou de loin associée aux enfers. Ce qu'Isacielle ignorait toutefois pour l'instant.

"Ah! Vous êtes sans doute venu m'avertir que votre organisation de guignols qui se font appelés démons s'est enfin décidée à remédier à cet honteux et inacceptable complot dont je suis victime. Je préfère vous prévenir, j'exige un dédommagement à la hauteur du préjudice commis! Je ne tolérerais..."
L'oiseau avait apparemment décidé qu'il avait son mot à dire dans l'histoire - il avait en fait visiblement un mot à dire sur tout - à moins que la mention de son nom dans les propos d'Isacielle ne lui eut mis en tête que c'était avec lui et non avec Lillian que cette dernière escomptait poursuivre la discussion.

Cella n'eut cependant pas l'occasion d'achever sa tirade enragée.
Un homme déboula dans la clairière. Court sur pattes, le ventre rebondi, le teint halé, ses halètements témoignaient de la course qu'il avait menait jusqu'ici et l'expression furieuse qui se lisait sur son visage aurait presque pu rivaliser avec celle de Cella. Presque.
Les poings sur les hanches, ses yeux allèrent du perroquet à l'homme dont l'épaule servait de perchoir à celui-ci.
"Aha! Je vous retrouve enfin, pirate! Dérober sous mon nez le plus beau spécimen de ma volière, et vous pensiez vous en tirez comme ça! Je vais vous faire regretter d'être né."

Isacielle se fit la curieuse réflexion que la ressemblance entre l'oiseau et son ex-propriétaire était de plus en plus flagrante. Quoique Cella eût même l'air un peu plus crédible quand elle psalmodiait ses sermons.

Le nouvel arrivant s'arrêta pour reprendre son souffle. Il tripotait nerveusement sa longue et fine moustache noire, et semblait quelque peu désemparé. Sa tirade n'avait de toute évidence pas eu l'effet escompté.
Il se demanda soudain à qui appartenait la voix perçante et courroucée qu'il avait entendu à cent bons mètres de la clairière - et qui l'avait d'ailleurs plus ou moins guidé jusqu'ici. Certainement pas à l'homme. Ni à...
Son regard quitta Lillian pour venir se poser sur Isacielle. Il se figea, le souffle coupé, et ouvrit de grands yeux devant cette beauté froide et immobile.
[Et voilà, je suis à nouveau libre pour deux ans ]
[Et aucun rapport, mais très cool le dessin que tu m'as envoyé par mail (ouais, désolé, flemme d'y répondre)]


Dernière édition par Léore le Mar 24 Sep 2013, 03:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Dim 18 Aoû 2013, 00:53

[D'avance, et pour plusieurs choses, pardon xD]

Haha, génial. Ils lui avaient envoyé une handicapée mentale. Regard fixe, voix monocorde, capacité d'analyse et de réflexion apparemment très limitées, aura très faible...  Mais c'était encore pire que la plus lamentable des stagiaires ! Ils ne se rappelaient pas de lui a l'administration, à force ?! Lillian avait vraiment pensé leur en avoir imposé un minimum avec ce qu'il avait fait du dernier fonctionnaire qu'ils lui avaient collé aux fesses. Il était sûr qu'ils se méfieraient de lui, que tous ces grouillots de bureaucrates auraient peur. Là, son égo en prenait un coup.

Bon, Lillian n'avait ni le temps, ni l'envie de laisser un autre message aux anges en forme de fonctionnaire coupé en morceaux. Même si ça avait des chances de calmer un peu Cella, ce serait tout de même abuser de la clémence de ces andouilles. Non, le démon allait juste "gentiment" expliquer sa façon de penser à cette dinde.

Dès que ce boulet de Cella aurait fini de jacasser.

" ...réfère vous prévenir, j'exige un dédommagement à la hauteur du préjudice commis! Je ne tolérerais..."

Une idée judicieuse traversa soudain l'esprit du démon. De sa main gauche, il saisit précautionneusement le bec de l'oiseau entre le pouce et l'index, de manière à le maintenir fermé. Et tout d'un coup, en une seconde libératrice et douce comme de la glace sur une meurtrissure lancinante, le bruit atroce se réduisit à une sorte de grognement continu et étouffé. L'oiseau tenta bien d'agiter les ailes pour se libérer, mais la poigne du démon était d'une force largement supérieure. Du coup, le perroquet se contenta de lui massacrer l'épaule avec ses serres. Tout en faisant mine de l'ignorer, Lillian se promit une vengeance à la mesure du préjudice, lorsque son tour viendrait.

Le démon recentra son attention sur le sujet initial. La jeune femme que les anges lui avaient envoyé le regardait toujours, où plutôt, regardait toujours l'oiseau. Aux yeux du démon, la fixité de cette demoiselle évoquait vaguement un caillou.

Quel dommage tout de même... Belle comme le jour, et totalement décérébrée.
Soupira-t-il intérieurement.

Il se releva d'un bond, et épousseta de sa main libre l'habit hors de prix qu'il portait. Il s’apprêtait à aller incendier la brune, mais, comme si tous les problèmes se devaient d'arriver simultanément, une autre contrariété déboula dans la clairière. Un gros type, la quarantaine. Brun de peau, et dégoulinant de sueur... Lillian, démon-loup de son état et toujours prédateur naturel dans le fond, éprouva vaguement l'envie de le dévorer.

Et tiens, vas-y, vocifère mon gros, rajoutes-en une couche. Dire que je viens tout juste de faire taire l'autre !


Lillian ne remettait absolument pas ce commerçant obèse ; ce qui n'était pas du tout surprenant, tellement ce type était minable. Ceci dit, son histoire avait toutes les chances d'être juste.
Mmh, ça n'allait pas être un problème... Eh ! Mais voilà que lui aussi se mettait à regarder fixement l'autre abrutie avec des yeux de merlan crevé ! Ho non, c'était contagieux, manquait plus que ça !

Exaspéré au possible, Lillian se fit un devoir de lui venir en aide. Il le rejoint en trois enjambées, et lui asséna une claque retentissante en pleine figure. Le bonhomme en tomba à la renverse sur son séant, entrainé par la violence du coup. Oh, il ne devait pas s'y attendre.

"En quelle qualité, tonna le démon d'une voix impérieuse qui n'était pas la sienne, osez vous me haranguer de la sorte ? Vous ne reconnaissez peut-être pas le Général Weymirin ; j'ai pourtant écrasé votre pitoyable duché il y a six mois, et je ne tolèrerais pas qu'un paysan comme vous se permettre de me parler comme à l'un de ses semblables. (L'auteur s'excuse de sa maigre compétence en répartie cinglante.)

Lillian avait adopté le parler impérieux et colérique de l'hôte duquel il avait emprunté le corps. Il sentit Cella frémir sur son épaule tandis qu'elle entendait la voix de son ancien propriétaire, mais la palme de la terreur revint au marchand d'oiseaux. Il était apparemment en proie à une panique extrême, et était déjà passé du brun au blanc, puis au vert, puis de nouveau au blanc. Il n'avait visiblement rien dans le ventre, même si la réputation du général avait de quoi effrayer.

"Je vous en prie ! articula-t-il au bout d'un moment tout aplatissant son visage graisseux contre l'herbe, et il avait visiblement passé l'éponge sur le vol du perroquet. Pardonnez-moi, général, je ne pouvais pas savoir ! Laissez-moi partir, s'il vous plaît, je ne vous importunerais plus !"

C'était vraiment faiblard, comme excuse. Aucun style, peu de conviction, proposition inintéressante. Le général toisa le bonhomme comme on jette les yeux sur un détritus particulièrement puant.

"Ho que non - là, il se permit un sourire carnassier - restez ici pendant que je règle une affaire. Ensuite, je vous ferais fouetter pour votre insulte, et je réfléchirais au sort que je réserverais à votre famille et à vous pitoyables possessions. Cela vous inculquera peut-être le respect. Et tenez, fermez là, je n'ai sincèrement cure de ce que vous avez à me dire."
(Eh oui, c'est encore moi Very Happy)

Cette ordure de Weymirin avait ses bons côtés. Certes, c'était loin d'être une beauté, mais Lillian était ravi d'emprunter le visage et l'identité d'un tyran pareil. Il se permit même d'adresser un petit coup de pied au gros lard.

[NB: ici, le gros type peut réagir de manière inattendue, stu veux faire un truc Very Happy]

Cella s'agitait de plus en plus. Elle avait sûrement quelque chose contre le fait de molester méchamment ses compatriotes ; ou alors, elle était vexée d'avoir sursauté. Ou bien, elle aurait préféré voir le marchand adipeux mort dans les dix secondes ? Impossible de savoir avec cette sorcière.

 Bon, le problème inattendu avait été maitrisé avec rapidité et brio ; restait l'autre problème, la fille.
Le démon s'avança vers ce qu'il pensait être une fonctionnaire, et claqua des doigt. Un contrat démoniaque des plus classiques apparut, rédigé sur du papier bleu d'une écriture propre et nette. Y étaient rédigées les clauses habituelles, y compris la vente de l'âme de Cella, signée de sa main.

Lillian tendit le papier à Isacielle sans daigner lui adresser un mot ; on s'était suffisamment payé sa tête.

[Idée : Isacielle se fiche éperdument du contrat et essaie d'arracher Cella à Lillian 8D Et genre, même, ça peut marcher et tout le monde se retrouve aux enfers.] [Au passage, elle déchire le contrat même, et ça fait trop n'importe quoi x)]
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Mar 24 Sep 2013, 15:17

Isacielle haussa un sourcil. De toute évidence, personne ne lui apporterait l'oiseau sur un plateau. Ok, pigé, pas de problème. Elle se débrouillerait bien par elle même, comme elle l'avait à peu près toujours fait. Elle avait évidemment l'habitude de voir échouer son plan A qui consistait à demander aimablement ce qu'elle voulait. Les gens refusaient, généralement. La peur qu'inspirait sa froideur de glace annihilait toute espoir de faveur que sa beauté aurait pu lui fournir. Alors elle passait au plan B: elle se servait. Ils étaient bien stupides, les gens, quand même. Elle finirait par gagner de toute façon. Elle finissait toujours par gagner. Alors autant abréger la procédure, et se plier gentiment à ses désirs. Pas de mort, pas de blessé, et un précieux temps gagné. C'était quand même préférable. Surtout pour les autres, en fait. Elle même n'y voyait pas de grande différence. Elle était immortelle, et accessoirement dotée d'une patience infinie. Des avantages pas vraiment négligeables quand il s'agit d'imposer sa volonté. C'était quand même une créature bien pratique, avouons-le. Bien sur, elle pouvait se heurter à du lourd. Mais comme elle n'avait pas la possibilité de mourir, et que la douleur n'était pour elle qu'un ressenti dépourvu d'émotion, donc de souffrance, la seule chose qu'elle risquait était que l'affrontement dure un bon bout de temps. Et rappelons-le, elle savait attendre. Ce qui était plus rarement le cas pour le commun des mortels.

Ça ne semblait apparemment pas l'être pour l'homme-perchoir-de-Cella. Ce qui était en fait compréhensible: tout un chacun serait sorti de ses gonds avec un bout-en-train pareil sur l'épaule. Isacielle loua l'efficacité de Lillian lorsqu'il cloua le bec de l'oiseau. Judicieuse initiative. Elle se surprit à se demander pourquoi il n'avait pas donner une légère pression supplémentaire à son pouce et à son index qui maintenaient ledit bec fermé. Si fragile... Juste un peu plus... Et crac. Ça lui aurait paru plus naturel. Enfin, peu importe.

Elle regarda sans ciller le gros moustachu se faire rabrouer. Inutile de s'en mêler, ce n'était pas ses affaires. Elle rentrerait à nouveau dans le jeu quand cela pourrait l'avancer. Elle se concentra en attendant sur le général qui en faisait des caisses. L'aura familière qu'elle avait senti en arrivant dans la clairière lui revint à l'esprit. Hum. Ce général n'en était pas un, ou alors elle avait un cœur. Outre les émanations démoniaques qu'il dégageait, il n'était pas bien crédible, pour elle qui avait déjà eu affaire quelques fois à de vrais nobliaux. Ces derniers n'auraient jamais accepté de dépenser autant de mots pour ce rustre de marchand. Qui aurait pris un poing dans la tronche avant d'avoir achevé son premier mot. Le laisser débiter une tirade telle que celle qu'il avait sortie avait été la première erreur de l'imposteur. Quoique pour le gnon dans la figure, ça avait sans doute était judicieux de sa part de l'éviter. A la vue de leur corpulence respective... Un général avec un poing en moins, ça fait tout de suite moins crédible...

Isacielle cligna des paupières lorsqu'un parchemin lui atterrit sous le nez. Elle avait encore laissé son esprit se tirer à son insu. Tiens, voilà une caractéristique qu'il faudrait penser à améliorer dans le prochain modèle de la servante-servile-et-soumise-pour-l'éternité. Celle-ci était décidément tout bonnement incapable de se concentrer sur quoique ce soit dès lors que l'objet de sa mission ne présentait rien de neuf.
Elle jeta un rapide coup d’œil alentour pour s'informer de ce qu'elle avait manqué. Cella n'avait pas changé d'attitude; Le trou dans l'épaulette du démon-général s'était un peu élargi; Le gros homme au teint halé, une expression qui oscillait entre fureur et terreur pure, essayait d'atteindre discrètement le point de la clairière qui le tiendrait aussi éloigné de Lillian que le permettait la petite trouée dans les bois.
Isacielle se saisit du parchemin. Son regard ne lui accorda que trois secondes. Une pour remettre le document comme contrat démoniaque et acte de vente. Une pour lire les noms "Lillian" et "Cella" aux endroits destinés à l'invoqueur et à l'invoqué, au vendu et au possesseur. Et une pour en conclure que le général était bien un démon et le perroquet sans doute l'âme auquel il s'était lié. Intéressant, mais rien qui changeait quoique ce soit dans sa vision de sa quête, somme tout. Elle habitait les enfers depuis bien trop d'années pour ne pas avoir déjà eu sous la main des tas de papiers du même genre, elle n'avait donc guère l'intention de lire les dizaines de lignes assommantes qui stipulaient les nombreuses et stupides clauses et détails techniques d'une alliance.
Elle reporta donc bien vite ses yeux sur le démon et fronça les sourcils.

"Que voulez-vous que je fasse de cela?"

C'était une vraie question. Il n'y avait pas le moindre sarcasme dans sa voix. Juste de la sincérité. Elle ne voyait absolument pas ce que Lillian espérait en lui donnant le papier. Qu'elle s'en aille bien gentiment, voire en s'excusant platement, parce qu'elle venait d'apprendre qu'il avait passé un accord démoniaque avec l'âme requise par le roi des enfers? Bien sur que non. Un démon aussi stupide n'aurait jamais atterri dans cette situation. Ou bien elle était tombée sur un spécimen rare, ce dont elle doutait fortement. Ses yeux firent quelques allées-retours entre le parchemin et l'homme, pendant qu'elle tenter d'élucider le mystère.


Profitant des quelques secondes de silence qui s'étaient installées, le marchand d'oiseau, tapis pitoyablement dans un coin, releva légèrement la tête qu'il avait tenu baissée dans l'espoir de se faire oublier. Le général avait l'air toujours aussi renfrogné, ce qui le fit frissonner, et la jeune femme toujours aussi impassible. Elle semblait cependant en cet instant plus commode que son interlocuteur. Tout deux n'avaient pas l'air de s'apprécier outre mesure.
Pour l'heure, il lui fallait un moyen d'échapper au joug de Weymirin. Il regarda à nouveau Isacielle. Elle était vraiment magnifique. Une telle beauté de pouvait pas être foncièrement mauvaise. Par ailleurs, elle n'était apparemment pas du côté de l'autre tyran. Le côté qui n'est pas le mal, c'est le bien, non? Et puis elle paraissait très sure d'elle. Il n'aurait su dire pourquoi - peut-être juste parce qu'il le désirait ardemment - , il était convaincu qu'elle était plus puissante que ce que sa frêle silhouette ne donnait à penser.

"Ce n'est pas ce parchemin miteux dont j'ai besoin, mais du perroquet perché sur ce qui reste de votre épaule."

La jeune femme paraissait vraiment très à l'aise devant les éclairs que lançaient les yeux du général. Sa voix n'exprimait absolument rien, sinon la certitude. Et de toute évidence, elle voulait obtenir le perroquet. Ok. Il avait vécu dans l'idée qu'il n'y a dans toute situation qu'une chose à faire: être du côté du plus fort. En l'occurrence, il ignorait lequel des deux l'était, mais il n'avait plus trop le choix: être du côté de Weymirin ne lui apporterait rien de bon, ça, même lui était assez futé pour le comprendre. Il ne restait donc plus que l'autre. Il pria avec l'énergie du désespoir pour qu'elle soit effectivement la moins vulnérable du duo. Et il courut se jeter à ses pieds - c'était du moins l'impression qu'il donnait puisqu'il faisait la moitié de sa taille.

"Très cher madame, laissez-moi vous proposer un marché tout à fait honorable. Vous assurez ma protection et mettez le général ici présent hors d'état de nuire et je vous cède en échange ce magnifique spécimen que vous convoitez. Car ce que votre interlocuteur a omis de mentionner, c'est qu'il m'appartient"

Eh oui, même dans des situation extrêmes, ses mauvaises manies de commerçant reprenaient le dessus. Il avait parlé d'une traite, très vite et très bas, espérant que seul Isacielle l'entende, mais vu la distance qui séparait les trois personnages, il était fort possible que ses précautions n'aient été inutiles. Il préféra ne pas penser aux conséquences que ses paroles auraient si la femme refusait, où échouait.

Isacielle lança un rapide regard du coin de l’œil au marchand. Elle aurait juré qu'il lui en fallait peu pour s'accrocher au bas de sa robe et se mettre à pleurnicher. Elle avait à sa connaissance rarement vu d'humain aussi pitoyable. Elle contracta son poing qui tenait toujours le parchemin bleu dont elle ne savait que faire, le transforma en une boule de papier froissé et la lui fourra dans le museau. Voilà qui le ferait sans doute taire.
Puis elle essaya de comprendre le sens de ce qu'il avait dit.
Bon. Après tout, que perdait-elle à accepter? La proposition ne cassait pas des briques - un corniaud pareil ne pourrait jamais espérer être d'aucune utilité à quelqu'un comme Isacielle - et elle avait dans l'idée que même pour un être tout à fait ordinaire, il y avait de quoi lui rire au nez, mais quand bien même elle donnait une réponse positive, il était entendu qu'elle ne se soucierait aucunement de sa part du marché. C'est juste qu'elle risquait de la remplir dans l'ordre naturel des événements: car vaincre le général, c'était sans doute ce qui allait arriver puisqu'il n'avait pas l'air très coopératif; et protéger le gros, ça voulait dire qu'il devait rester en un seul morceau - et tant qu'il serait occupé avec elle, Lillian aurait autre chose à faire que de le découper en tranches. Et puis lorsqu'elle finirait par gagner, il lui céderait le perroquet sans faire d'histoire. Cela lui éviterait de l'entendre geindre pour le récupérer, et accessoirement de devoir le tuer, ce qui curieusement l'arrangeait, elle n'aurait su dire pourquoi. Et s'il devait mourir en guise de dommage collatéral, il ne serait plus là pour lui reprocher d'avoir trahi sa parole.

"Bon, et bien c'est d'accord. Pour le moment, contentez-vous de disparaître derrière un arbre assez large pour vous dissimuler entièrement."

Elle lui arracha le contrat démoniaque de Lillian d'entre les dents et tendit ce qui en restait à son propriétaire:

"Du coup, je vous le rends, puisque je ne vois toujours pas quoi en faire"
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Dim 29 Sep 2013, 01:47

[Deux heures après avoir lu le dernier post, Claire poste sa réponse. OWAIS PUBLIC, OVATIONNE MOI, JE T'AIME AUSSI ! \o/]

Cella avait des opinions sur les les larbins. Les larbins, les serviteurs, les valets, les vassaux, quel que soit le nom que vous donniez aux petit vermisseaux serviles. Cella croyait au bénéfice de la pression sur les petites limaces ; aux coups de fouet, aux injures, aux coups de pieds au culs, aux punitions cruelles et imméritées, et à tout ce qu'on pouvait leur faire subir comme enfer.
A l'époque ou elle était encore duchesse, toutes les petites servantes sous-payées la détestaient, la maudissaient, mais la craignaient surtout du plus profond de leur tripes. Et selon Cella, c'était comme cela qu'e l'on pouvait tirer le meilleur profit de ces limaces. Elle croyait sincèrement que c'était du fond de la colère qui brulait au fond de leur ventre, de toute cette injustice ravalée que les soldats de Stevillgrad pouvaient, en fin de compte, tirer la cruauté terrible qui avait fait leur réputation su les champs de bataille et dans les tavernes.

Bon, ils avaient perdu la guerre, mais l'envahisseur y avait laissé beaucoup plus de plumes que prévu.

Évidemment, Seh'Lilliameran n'était ni une femme de chambre mère de sept enfant et payée une misère, ni un soldat fouetté par ses soins pour quelque broutille. Non, d'ailleurs, Cella n'aurait pas supporté un tel animal, et encore moins au prix qu'elle l'avait payé. Non, ce larbin-ci était simplement le PIRE monstre dont aient jamais parlé les vieux grimoires de son ancienne bibliothèque. Dès qu'elle avait lu la description de la chose - qu'elle se bornait à considérer comme une chose, mais elle savait comment lui, la voyait - elle l'avait voulue pour elle.
Elle s'était vue, sur le dos d'un loup géant, massacrant à coup de dents tous ces fils de chiens de l'empire et répandant leur sang sur les vertes collines de Stevillgrad. Elle avait vu Weymirin crachant ses boyaux et implorant sa pitié, tandis qu'elle le finissait en le piétinant.

Malheureusement, allez savoir pourquoi, tout ne s'était pas présenté comme prévu. Lillian ne semblait pas au début, décidé à s'énerver, ou à s'ébranler pour quelque raison que ce soit. Il ressemblait à n'importe lequel de ces jeunes hommes imbus de leu personne que l'on trouve dans toutes les cours, et cela l'avait contrariée. Du coup, elle avait décidé de faire de sa vie un enfer.
Évidemment, ce n'était pas une réaction entièrement calculée de sa part, Cella étant naturellement une personne exécrable ; mais ce dont elle était sûre, c'était que son larbin s'approchait de plus en plus du point culminant de la frustration. Bientôt, et même très très bientôt, il exploserait comme un baril de poudre du volume d'un tricératops ! Et là, là, la fille assise sur le loup géant et en colère DOMINERAIT LE MONDE, MUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Il y eut un court blanc dans la conversation, que Cella n'avait d'ailleurs absolument pas suivie, et dont elle ne connaissait même pas l'objet. L'espèce de larve obèse que Lillian avait sommairement maté était parti chouiner dans les jupes de cette brune sulfureuse. Cella se demanda si elle était plus attirante que cette grande pimbêche aux yeux vides, mais se souvint n'être plus qu'un perroquet, désormais. Elle marmonna une flopée de jurons assez salés à l'encontre de cette concurrente, sachant qu'ils ne traversèrent pas son bec fermé.

Bon. Là, Lillian aurait du péter un bon câble et réduire cette sorcière en cendres à cette heure-ci ! Qu'est-ce qu'il attendait ? Oh, il avait les yeux hagards et fous. C'était sur le point de lâcher. Cella se fit la réflexion qu'elle était très heureuse d'être protégée par son contrat. Qu'est-ce qu'elle aurait pris, à la merci de ce monstre et avec tout ce qu'elle lui avait fait subir ...
Tiens, l'obèse avait mâchonné le contrat, ce maladroit. Quel nullité. Une minute...

IL AVAIT MÂCHONNÉ LE CONTRAT !

Un longue seconde de silence arrêta le temps.

Les yeux embués de rage de Lillian. Le sourire malsain du général ; sa main qui la tenait, et l'autre qui s'approchait dangereusement de son visage.

La conscience de Cella disparut dans un océan de douleur.


_______________________________

Ouais ! ouais ! Bien fait ! Ouais ! Ouais ! \o/



Faisons une pause pour récapituler les faits.  Pendant que Cella rêvait à la réalisation de ses ambitions, Lillian avait gentiment expliqué à Isacielle se façon de penser. En fait, il l'avait copieusement injuriée en faisant de grands gestes, l'avait incendiée avec toute la condescendance qu'il avait pour les enfers, et toute la verve dont il était capable.
Evidemment, il s'était heurté à un mur de solide placidité. Et cela l'avait énervé, énervé... il supportait très mal de ne ne pas réussir à intimider cette fille. Le ton - son ton - était monté, mais le gros de tout à l'heure était venu s'en mêler, et cette misérable fonctionnaire l'avait ignoré. Lui. A ce moment là, il décida déjà plus ou moins consciemment de la tuer. Et alors là, juste après, cerise, cerise sur le gâteau de la contrariété, l'impensable se produisit : le contrat fut abîmé. Assez abimé pour être considéré comme caduc, d'un certain point de vue.
Sans se poser plus de questions, Lillian régla rapidement son compte à Cella. Ce ne fut pas vraiment difficile, mais pas non plus aussi libérateur qu'il l'aurait espéré. En comparaison de la colère qui le tenait, ce n'était vraiment, vraiment rien. Il aurait vraiment eu envie de détruire ce volatile, de l'écraser, de n'en laisser que cendres ; il avait des milliards d'idées pour le faire souffrir au delà de l’imagination. Seulement, il ne pouvait pas ; Cella avait une valeur inestimable, et personne n'était assez fou pour l'abîmer, même pas lui. Il se força à garder un tant soit peu les idées claires. Il rédigerait un autre papier plus tard, mais il fallait absolument qu'il la conserve précieusement en attendant.

Il fallait qu'il canalise sa colère sur autre chose. Sur la fille en noir par exemple. Lillian jugea le moment opportun pour ouvrir les vannes et vider le torrent de colère qui commençait à déborder du fond de sa conscience.

Qui était cette psychopathe ?

Cette question émergea du fond de sa conscience submergée par la rage, tandis qu'il se jetait sauvagement sur l'inhumaine. A ce moment là, il ne savait plus vraiment s'il avait toujours la tête du général, ou si c'était un genre d'animal qui essayait de dévorer Isacielle en commençant par la tête. Mais le fait qu'il lui bave dessus était sûrement un indice. Non alors non pas de blague hein, là c'est une bestiole, juste je précise xD.

Lillian n'en était plus vraiment au stade où il était capable de réfléchir ; quelqu'un avait rempli de poudre le baril jusqu'à ras-bord, et avait jeté une allumette dedans. Maintenant, il n'y avait plus d'autre alternative qu' qu'attendre calmement que tout ait fini de péter.
Il y avait un certain contraste entre la tornade phénoménale d'émotions libérée par le démon et l'impassibilité tout aussi spectaculaire d'Isacielle, tous les deux pris dans une sorte de mêlée féroce.  Le fait est que s'il avait fait attention à ce moment là, alors qu'il était si proche d'elle, Lillian aurait probablement pu identifier la vassale du roi des enfers. Même lui la connaissait de nom et de réputation, et même lui aurait tout intérêt à ne pas se frotter à elle. Peut être aurait-il mesuré sa colère, l'eusse-t-il reconnue.

D'aucuns auraient cependant été ravis de son enthousiasme à l'égorger, eussent-ils été au courant.
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Ven 04 Juil 2014, 05:55

Isacielle plongea, alors que la bestiole lui sautait au cou. Ses mâchoires se refermèrent là où la gorge de la fille s'était trouvée une fraction de seconde auparavant. Il était étonnant de penser que la statue de pierre qui s'était jusqu'à présent tenue là, ayant esquissé moins d'une dizaine de mouvements depuis le début de la scène, eut en fait assez d'énergie et de sens de la coordination pour effectuer un tel plongeon. Ainsi que tout autre mouvement qu'elle fut amenée à faire lors de la folle danse qui s'ensuivit entre elle et le général.

Un général qui n'en était définitivement pas un. Et qui avait de toute évidence perdu l'esprit. Un démon, apparemment, comme elle s'en était doutée, et pas des moindres - en témoignaient les crocs acérés qui dépassaient d'un gueule dégoulinante, et les poils qu'elle sentait frémir contre sa peau lorsqu'il parvenait à l'effleurer. Un loup. Assez inattendu, pour autant qu'elle eut été capable de juger de ce qui l'était ou non.

Elle se retourna, sauta sur le côté, esquiva un coup de griffe qui aurait dû la fendre en deux.

Le perroquet gisait à quelques mètres de là, inconscient. Cella s'était subitement évanouie juste avant que Lillian ne parte en vrille et Isacielle avait alors commencé à comprendre. Son esprit fonctionnait désormais aussi vite que son corps.
Récapitulons. L'âme qu'elle était venue chercher était liée au démon-loup, d'où le contrat qu'il lui avait brandi sous le nez, et était enfermée dans le corps du perroquet. Or ledit contrat avait terminé mâchonné dans la bouche d'un obèse dépassé par les événements, sous le regard furibond de Lillian. Qui avait tout comme elle observé l'oiseau s'effondrer presque immédiatement.

Une panoplie de griffes se précipitèrent férocement vers sa gorge découverte. Elle recula d'un bond.
Suffisamment puissant pour ne pas finir égorgée.
Pas assez pour en sortir complètement indemne.
Le voile noir de sa robe tombait désormais en lambeaux au niveau de son mollet droit, lequel était barré par deux entailles d'une vingtaine de centimètres qui devenaient écarlates à vue d’œil. Elle avait senti... quelque chose, lorsque la griffe s'était enfoncée dans sa chaire - qu'elle aurait était bien incapable de nommer.

Ça n'était évidement pas un hasard. Il semblait bien que les dents du commerçant avaient suffi à rendre caduque le contrat qu'elles avaient broyé. L'âme contenue dans Cella n'appartenait donc plus à personne, jusqu'à nouvelle ordre - en fait jusqu'à ce qu'un autre contrat soit scellé avec elle.
Ou jusqu'à ce qu'elle ne meurt. Auquel cas l'âme qui n'aurait été à la charge d'aucun démon lors du décès serait immédiatement prise en main par les responsables des enfers employés à cet effet.

Une autre estafilade ensanglantée avait rejoint les premières, lui rayant l'abdomen. Sa robe se teintait de tâches sombres, de plus en plus nombreuses.
Elle était rapide, agile, souple et précise, réagissant avec une dextérité peu commune. C'était bien pratique, voire complètement nécessaire dans le métier. Et ça lui paraissait absolument naturel. Personne ne lui avait jamais appris à se battre. Les capacités qui étaient siennes aujourd'hui étaient siennes depuis le moment où elle avait commencé à exister. Ou alors elle avait oublié.
Elle était rapide, agile souple et précise, réagissant avec une dextérité peu commune. Mais son adversaire était fou de rage et COMPLÈTEMENT CINGLÉ. Et un loup, en prime.
Qu'il ne lui brise le cou n'était visiblement plus qu'une question de temps. Etant donné son immortalité, les dégâts seraient moins dramatiques que prévus, mais son corps mettait un temps fou à se régénérer, et tout serait alors à recommencer.
Il y avait plus rapide.

Elle se jeta sur le corps inerte et cependant toujours bien vivant  de Cella.


De la bave dégoulinait sur le menton d'un marchand d'oiseau bedonnant qui avait ouvert grand la bouche lorsque le général avait sauté sur la femme en glace tout en se parant de fourrure, de griffes et de crocs - et qui ne l'avait pas fermé depuis, incapable d'esquissé le moindre mouvement tant il béait de stupeur. Et de terreur. Et d'incompréhension. Et du désagréable sentiment d'être en train de perdre l'esprit.
Il s'était empressé de courir peureusement derrière un arbre dès qu'Isacielle en eut fini avec lui, lorsque la scène avait complètement dégénéré.  
Il commençait à peine à recouvrer ses sens, se rappelant qu'il était dans son intérêt que la fille l'emporte - ce qui, comme il put le noter, commençait à s'avérer compromis, bien qu'il ne s'expliquât pas par quel miracle elle était encore en vie face à ce loup déchaîné - lorsque après une improbable pirouette, et de façon tout à fait inattendue, elle se détacha du combat pour se précipiter sur une Cella inanimée - tiens, il ne l'avait même pas remarquée tant il avait été ébahi - qui gisait à quelques mètres d'elle et tout près de lui.
Et de façon tout aussi inattendue, elle saisit l'oiseau par le cou. Avec un visage de marbre, elle serra de toutes ses forces.
Derrière elle, le loup avait commencé à bondir.

Mais comme on ne peut lutter contre sa plus profonde nature, fut-ce dans des instants aussi inappropriés et au risque de le payer de sa vie, il hurla.
"Noooooon! Mon plus précieux spécimen!!"

Et il se jeta sur elle.


Isacielle sentit la gorge craquer sous ses doigts. Et la vie quitter Cella. Elle sentit l'instant où ce qu'elle était venu chercher quitta ce corps désormais inutile, et ce monde où elle n'avait désormais plus rien à faire.
Elle ne sentit pas la main de l'homme qui essayait stupidement et vainement de la retenir. Ni n'entendit le rugissement qui vibra dans son oreille.
Tout cela avait duré moins d'une seconde.

"Et maintenant, direction les enfers."

Elle disparut.
Sans se préoccuper de ce qu'elle emmenait avec elle.

Juste avant qu'elle ne s'en fut, un individu au ventre rebondi avait prié très fort pour que son injonction ne fût pas du premier degré.  
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Mar 08 Juil 2014, 18:42

Dans une clairière portant les discrètes traces d'un combat violent et ce qui restait d'un perroquet mort, une apparition infernale disparaissait aussi souplement qu'un oeil cligne.
Un vendeur de perroquets rebondi et pas très malin filait avec elle.
Ne restait finalement sur le carreau qu'un loup dont la furie atteignait des sommets tout à fait improbables.

Un perroquet déjà mort fut piétiné sans aucune raison ; quelques passants furent gravement blessés au passage d'un chien énorme qu'on présuma enragé ; certains affirmèrent avoir entendu des rugissements, et quelques destructions insolites de bâtiments furent signalées au gouverneur.

Et ce fut tout.

__________________

Lillian mit un petit peu de temps à retrouver son calme ; un calme relatif. Disons qu'il parvint à retrouver une rage un peu plus froide. Un joli chapelet d'injures colorées tournait dans son esprit.

Évidemment que le caniche du roi des démons pouvait se téléporter dans les enfers ; ce n'était pas son cas. Le point de passage le plus proche était un genre de grotte à des centaines de kilomètres ; il dut s'amuser à dessiner tout un tas de pentacles stupides sur le sol avec le matériel qu'il avait sous la main. Bon, le palais du gouverneur avait des oubliettes avec plus ou moins un village entier de squelettes pourrissants, cela ne prit pas tant de temps que ça. Les calculs, la craie et cette désagréable odeur de décomposition rétablirent un petit peu d'ordre dans l'esprit du démon, qui se demandait si cette humaine stupide valait vraiment le mal qu'il se donnait.
Il allait la récupérer. Contrat mâchonné ou pas, il ne suffisait pas que le premier fonctionnaire venu pose ses pattes sur un document pour que la situation soit claire.

Lillian considéra son oeuvre de craie, d'ossements et de sang sur le sol. C'était digne de la plus mystique des réunions de sorcières dans les montagnes noires, même s'il aurait peut être manqué de quelques cadavres découpés artistiquement, et d'une lumière un peu plus tamisée. Les cercles avaient l'air de s'emboîter comme il fallait, et les runes, même écrites à la va-vite et sans application aucune, étaient justes. Bon. Un bout de robe de l'autre devrait faire l'affaire ; d'ici trente secondes, il pourrait lui recoller la tête d'une manière un peu plus originale sur les épaules.

Bien entendu, ce ne fut pas le général avec sa tête sinistre qui tomba brutalement sur le râble d'Isacielle, mais plutôt la forme humaine usuelle de Lillian. Un jeune homme de vingt ans au teint mat, dont les longs cheveux noirs étaient ramenés en arrière par un anneau d'or - on ne faisait jamais trop de flan, aux enfers, les anges vivaient de poudre aux yeux et d'eau fraiche. L’affection de Lillian pour les avatars jeunes tenait à son caractère souvent borné et immature ; il ne s’en rendait probablement pas vraiment compte.

Enfin bref. Ce personnage à l’allure très soignée ne tergiversa pas trois heures durant avant d'attraper par le col et de soulever du sol pour lui expliquer gentiment son point de vue cette espèce de sorcière à l’oeil parfaitement mort.  Du coin de l’oeil, il aperçut l’âme de Cella, forme tranclucide et ethérée aux traits de sa propriétaire, qui n’était présentement pas en mesure de recevoir quelque information sensorielle que ce soit, mais ne prêta pas franchement attention au reste.

“ Espèce d’humaine parfaitement décérébrée, siffla-t-il au visage de cette cruche, serait-il compliqué pour ton esprit étroit de te donner la peine de lire les papiers avant de commencer à  foutre en l’air le premier truc qui te fais envie ?

C’était plutôt poli. Il était plus calme que tout à l’heure. Mais mince, si même ces bouffons ne respectaient plus rien…

Il allait récupérer Cella. Obligatoirement. Sinon, ce serait un joli paquet de démons mécontents qui viendraient s’intéresser à ce dysfonctionnement  juridique, et personne n’avait envie de provoquer un cataclysme pareil.

Derrière Lillian, quelqu’un s’éclaircit ostensiblement la gorge. Genre tu vois le roi des démons quoi

[Heeeeeu je sais pas si c'est pas un peu rapide comme fin de post. TU me fais signe écoute, et je rallonge ou je change comme tu veux  
Mais surtout ne t'en vas pas rester bloquée pendant un an juste parce que j'aime bien foncer dans des murs scénaristiques, d'accord ? xD]
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Jeu 10 Juil 2014, 03:51

[Roi des enfers, pas des démons, ya aussi des anges dans le milieu.]

"Aaaaaaaaaaaaaaaaah!"

Le vendeur d'oiseau ouvrit des yeux qu'il avait fermé de toute ses forces lorsque cette abominable sensation de douche froide l'avait étreint.

"Aaaaaaaaaaaarrrrgh!"

Il les referma aussitôt.

"Nannannannannan. Nan. Nan."

Il décida de refaire un essaie, et souleva précautionneusement une paupière.
Sa tête se tourna vers la droite. Puis vers la gauche.

"NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN!"

Une seconde et une éternité après que la jeune femme eut annoncé sont départ pour les enfers, durant laquelle il avait eu l'impression de se noyer dans de la gelée, il s'était très subitement senti suffoqué par une atmosphère étouffante. Puis il avait ouvert les yeux.
Et il avait vu rouge.
Ébloui et terrorisé, il les avait refermé en un éclair, reformulant à toute vitesse sa prière muette de ne pas avoir effectivement atterri aux enfers, comme l'avait annoncé la femme en noir. Puis s'avisant de ce que sa prière avait d'ironique après avoir fait le rapprochement entre la façon dont l'enfer était d'ordinaire décrit dans les contes et les récits de fanatiques décérébrés et ce qu'il avait vu et senti, il la transforma en la simple supplication désespérée que tout ceci ne fût qu'un cauchemar.
Quand il les avait rouverts, il avait bien dû admettre que ses prières avaient été vaines.

Il se trouvait sur une place étroite, d'où partaient quelques pistes sinueuses. Ça et là se dressaient ce qui ressemblait à des troncs d'arbustes calcinés, quelques bâtisses de pierres et beaucoup de ruines. Tout semblait avoir été forgé dans du feu. On devinait certes la noirceur de l'écorce et des pierres, mais derrière une aura rougeâtre et flamboyante qui semblait dévorer à chaque instant le moindre centimètre carré du décor.
Il se rendit vaguement compte qu'il agrippait toujours les bras de la fille, suite à sa tentative insensée de l'empêcher d'étrangler son perroquet. Fille qui comme il put le noter, paraissait plus sereine que jamais.

S'en était trop pour son pauvre esprit d'humain particulièrement étriqué.
On le perdit.

La bouche toujours ouverte après son dernier hurlement (il faudrait lui apprendre comment réunir ses deux lèvres, un jour), il libéra les poignets d'Isacielle et s'en fut en courant, ses yeux roulant dans leur orbites, et criant comme un damné:
"C'est pas moi! Je regrette! Je ne volerai plus de graines à mes oiseaux pour les manger en douce avec du beurre de cacahuète! Naaan! Sauvez-mooooi!"  Etc.


Isacielle se permit un infime haussement de sourcil en observant ce personnage enveloppé s'enfuir en vociférant. Elle ne s'y connaissait pas spécialement en humains, et pensa qu'il valait mieux pour leur prestige que cet échantillon n'en soit pas un spécimen représentatif.
A l'instant où les cris s'évanouirent pour de bon, elle sentit s'écrouler sur son dos un poids lourd qui lui fit courber l'échine. Le poids lourd se révéla être un jeune homme à la peau aussi mâte que le gros qui venait de décamper. C'est lorsqu'il saisit le devant de sa robe et lui cracha à la figure sont petit discours ruisselant d'une haine glaciale qu'elle se rappela que les démons pouvaient changer de forme. Ok, le cinglé n'avait pas l'intention d'en démordre.
Cela tombait mal, car à vrai dire, elle non plus.
Or l'âme de Cella flottait tout près, et sa présence  avait dû alerter les anges chargés du transfert des âmes nouvellement arrivées aussi surement que si une alarme avait brusquement retenti. Ils allaient bientôt rappliquer, reprendre l'âme en charge, et sa mission serait terminée. Elle supposait que cela suffirait à son maître, et s'il s'avérait qu'il voulait l'âme en main propre, il serait toujours temps d'aller la récupérer chez les anges, courtois et sensés. EUX.
Il fallait donc qu'elle tienne le démon occupé encore quelques instants, et puis elle serait libre. Enfin, façon de parler.

Elle n'eut en fait pas à se donner cette peine.

Une longue forme sombre était apparue au détour d'une allée, et s'avançait aussi silencieusement que l'air, flanquée de deux masses plus trapues et beaucoup plus volumineuses. Les trois silhouettes s'arrêtèrent à quelques mètres de là, et la plus grande d'entre elles émit un petit toussotement.

Isacielle s'était raidie. Une sensation familière l'avait envahie, alors que celui qui la possédait s'approchait. Elle sentit s'abattre sur elle comme au premier jour tout le poids de sa servitude.
Alors que, surpris, Lillian tournait là tête, elle en profita pour libérer son col de sa poigne d'un revers du bras, prit Cella dans sa main et s'empressa de mettre un genoux à terre.

Ce n'est que lorsqu'il la désigna d'un mouvement de la tête qu'elle remarqua qu'une des mains arachnéennes du roi des enfers traînait derrière lui le corps du marchand d'oiseau. La rencontre avec ce personnage sortit tout droit d'histoires bonnes à faire manger leur soupe aux enfants avait de toute évidence était plus que ce que le pauvre homme ne pouvait supporter, et il s'était pour l'heure évanoui.

"J'ai trouvé ce vermisseau qui courait en gesticulant sur mon chemin. Et il me semble un peu trop humain ou un peu trop en vie pour que je m'explique sa présence dans MES enfers! Puis-je donc savoir pourquoi tu m'amènes quelque chose que je n'ai pas demandé?"
Il y avait dans sa voie plus d'intonation qu'on n'eût cru cette silhouette austère capable d'en mettre.
Isacielle baissa la tête.

"Disons qu'il s'est incrusté..."
Elle était soudain devenu une petite fille tremblante devant le jugement paternel.

Mais déjà, il ne l'écoutait plus. Il s'était tourné vers Lillian, puis avait émis un petit rire sardonique.

"Tiens tiens, mais voilà qui est intéressant. Seh'Lilliameran. Recherché pour insulte et outrage aux autorités administratives. Un ange a déposé une plainte contre vous. Il va falloir me suivre."

[Et là, ya tout le gang de démons patriotes qui rappliquent pour se battre pour la cause de Lillian, contre tout le gang d'anges patriotes qui veut faire payer l'affront qui a été fait à l'un des leurs. Simple idée.]
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Jeu 17 Juil 2014, 03:45


Le roi des enfers était, pour plusieurs raisons, l'une des personnes les plus contrariantes qui devaient peupler le vaste monde.

D'abord, parce que sa puissance et son immortalité faisaient de lui une variable fixée dans l'espace temps pour probablement toujours, alors même qu'il n'avait pas toujours été là pour régner sur l'univers.
Ensuite, parce qu'il semblait faire tout ce qu'il pouvait pour écraser chacun de sa magnificence. Ce qui avait tendance à attiser la colère tout à fait impuissante de quelques spécimens démoniaques lupins.

Un parfum capiteux de roses en décomposition avait déjà envahi les alentours, lourde, étouffante. Une fragrance ridicule et désagréable, d'autant plus contrariant, que Lillian savait, savait foncièrement, qu'il était le seul à la percevoir.  

Voilà comment il se représentait la chose : Cet homme se payait personnellement sa tête. Il supplantait le démon aussi sûrement que la chaussure supplante la fourmi, et il savait également que celui-ci ne le supportait pas. Alors il s'employait à le lui rappeler, à grands coups de boutoir.
Sans effort, calmement.
Horriblement efficacement.

D'abord, ce qu'il fallait savoir, et ce dont il n'était pas très compliqué de s'apercevoir, c'était que l'image que revoyait le monarque infernal était différente pour chacun. Il suffisait de demander à votre voisin, à l'occasion ; grand, noir, cornu, crochu, étaient des adjectifs qui revenaient souvent.
Dans le cas de Lillian, la chose était légèrement plus compliquée. Croiser le roi des enfers était toujours pour lui une sensation extrêmement désagréable ; tout simplement, parce qu'il était, à ce jour, encore tout à fait incapable de le décrire.
Il n'arrivait tout simplement pas à le percevoir. Tourner les yeux dans sa direction était désorientant et flou. Pour un démon capable de donner le nombre de pattes d'une mouche à trois cent mètres...
Disons qu'il faisait de son mieux pour éviter la crise de nerfs.

Le roi n'était rien de tangible. Parfois, une cape en plumes de paon semblait flotter sur ses épaules, comme en ce moment. D'autres fois, il n'était qu'une silhouette noire et haute, pourvue d'un visage que le loup se trouvait bêtement incapable de distinguer. Et de temps en temps, sa présence était à ce point intangible qu'il était incapable d'en former une image cohérente dans son esprit, quand bien même aurait-il les yeux rivés dessus. Mais ce n'était pas le pire.  D'une manière ou d'une autre, l'autre lui renvoyait parfois l’ombre colorée de sa propre folie. Comme la petite voix dans votre tête ; sauf que celle-ci vous aurait soufflé de dévorer les gens en commençant par l'intérieur. Le genre de chose qu'il aurait aimé pouvoir oublier

Bien sûr, le tout était toujours savamment accompagné d'un parfum ridicule, comme ces roses. Une moquerie grotesque, voilà de quoi il s'agissait.
Décidément, on ne s'habituait pas.

Quant à une explication rationnelle...La magie qui constituait ce gars là était peut être trop pure pour s'incarner véritablement. Il devait en profiter pour s'amuser du reflet éthéré qu'elle pouvait produire dans les yeux des autres.
Le salopard.

Ce gars dirigeait le monde. Si, il le dirigeait. Les théories à son sujet, entre spécialistes, étaient toujours aussi animées que vaines. Parce qu'il n'y avait rien à faire, dans le fond.
Une variable fixe.
Bien sûr, Lillian n'avait jamais accepté de plier publiquement devant lui. Les courbettes, c'était au dessus de ses forces ; le plus contrariant étant peut-être que l'autre ne s'en fût jamais offusqué.

Le marchand de perroquet grassouillet pendait donc lamentablement, soutenu par une main difficile à distinguer. Bleue..verte, noire, fine épaisse ? (un pied ?)

Ce n'etait pas aussi tragique que ça en avait l'air. Le roi des démons ou un fonctionnaire, quelqu'un aurait bien fini par l'attraper de toute façon ; cette humaine avait été négligente, certes. Mais il serait probablement renvoyé en bonne et due forme en bas, dans son lit. Pas de quoi s’évanouir de trouille ; même s'il avait très bien fait d’arrêter de jacqueter.

"Tiens tiens, mais voilà qui est intéressant. Seh'Lilliameran. Recherché pour insulte et outrage aux autorités administratives. Un ange a déposé une plainte contre vous. Il va falloir me suivre."

Comme s'il était là par hasard. Je t'en donnerais moi, de grands airs et de fausses arrivées accidentelles. Bien. Ravaler un peu de colère. Cacher son air surpris aussi rapidement que possible. Éviter de péter un nouveau câble.
Lillian n'avait aucun mal à passer outre le trouble et la crainte (qu'il n'admettait pas vraiment). Ce qui était plus compliqué, c'était de garder les yeux posés sur son interlocuteur.

"C'est gentil de votre part de vous être déplacé en personne. Je ne pensais pas mériter tant d'égards..."

Il regrettait un peu que l'autre en aie profité pour se libérer. Ç’avait été plutôt agréable, de lui hurler dessus.
L'air de Lillian était encore passablement agacé.

"J'aurais aussi quelques réserves quant à vos poulets, justement."

Il désigna la demoiselle du pouce ; qui n'était, à vrai dire, pas du tout ailée, mais l'idée était là.

Il allait les suivre, évidemment. Parce que, il les suivrait de toute façon, tous les présents le savaient bien. A une époque, il aurait fallu lui passer les fers, après qu'il aie avalé la moitié de trois anges et se soit fait massacrer plutôt que d’obtempérer. Mais même si sa réputation était toujours celle d’un dangereux malade plutôt imprévisible, il était devenu plus calme, avec le temps. Assez pour que les deux gros lourdauds qui flanquaient la droite et la gauche du monarque s’abstiennent de poser leurs pattes velues sur lui.


(si tu veux, on peut couper ici :3)
_______________________________________________________________

Le grand tribunal des enfers était une grande salle haute de plafond  remplie de fonctionnaires ailés. Y résonnaient souvent des grattements de papiers par bataillons depuis les mains expertes de dizaines de scribes affairés, et un brouhaha animé, sous la direction silencieuse du roi des enfers.
Plus rarement, on y entendait des cris.

"IL M'A BOUFFE L'OREILLE, CE MALADE MENTAL, VOTRE EXCELLENCE !"


Les anges avaient une relation plutôt amicale envers leur monarque. Il n'avaient pas peur de lui, contrairement à l'ensemble des démons.

Un ange novice aux cheveux bleu pétant se répandait en vociférations outrées qui résonnaient fortement contre les parois de la salle. C'était déjà le quatrième, et Lillian s'ennuyait ferme. Il passait le temps en lorgnant l'autre oreille du type en se demandant si elle avait le même goût que la première.
La paperasse. Les tribunaux. Les clowns. Tout ça allait se régler en dédommagements en bonne et due forme, chacun allait récupérer les bouts qu'il avait perdus, et on aurait bien perdu plusieurs stupides heures avant de discuter du seul véritable paramètre important de l'histoire.

"Il aurait mieux fait de te fermer ta grande gueule !" Lança quelqu'un dans l'assistance, probablement un démon de passage. Lillian laissa échapper un vague sourire.

"Je plaide coupable, je veux bien payer, tout ça", soupira Lillian, générant instantanément une mini-cascade de nouveaux grattements de papier. La cour statua finalement sur une oreille de remplacement (oui tout est possible quand on est un démon jtassure) et une compensation raisonnable en années (ceci est une phrase mystérieuse dont je n'ai pas envie d'inventer l'explication alors voilà je te laisse interpréter à ton goût xD). On fit entrer un nouveau plaignant, tandis que Lillian se renfrognait, totalement désintéressé de la question.

Finalement, pour les besoins de la session, on avait incarné Cella dans un corps en tous points semblable au sien originel. Elle était assise sur le banc des accusés, entre Lillian et Isacielle, en attendant que son cas soit discuté. Affalée sur la table, elle couvait son démon (le sien. Qu'est-ce qu'il avait l'air détaché...) de son grand regard regard vert dans une espèce d'apathie un peu hallucinée, bienheureuse. Elle regardait la lumière bouger dans ses cheveux, et puis elle le regardait se tourner vers elle d'un air agacé. Elle visualisait très bien à quel point elle serait éblouissante, sur le dos de son loup géant, quand elle reprendrait son royaume...

Lillian pouvait sentir jusqu'à l'odeur des pensées stupides qui animaient sans aucun doute Cella. Ils lui avaient donné un genre de potion pour qu'elle soit sage et ne puisse dire que la vérité, et les effets secondaires étaient...bizarres. Mais enfin, le démon n'en démordait pas. Elle lui appartenait. Elle lui appartenait déjà, et elle lui appartiendrait encore. Ce n'était pas cette apparition sinistre et incompétente qui allait la lui arracher.

Cella jeta un regard à droite, sur Lillian. Puis à gauche, sur Isacielle. A droite encore. A gauche.

"Vous devriez trop... vous savez. Engager la conversation, tous les deux."

Elle pointa un pouce vers son démon. "Lui c'est Lillian" Et puis l'index de la même main vers l'autre, la fille. "Et vous... vous avez besoin d'une bonne coupe... de cheveux. Mais quand même, vous êtes baaalèèèze...."

...

"Vous mangez des âmes, aussi ?"

Les âmes ne se mangent pas. L'idée était parfaitement stupide.
Lillian soupira.

Bon, il avait PEUT-ETRE causé un peu de grabuge en récupérant Cella. Certes. D'accord. Tous ces crétins allaient peut être, en conséquence, venir un par un lui demander des compensations.
Qu'il pouvait payer, ce n'était pas trop grave.
Mais sérieusement, est-ce qu'on allait en venir au fait ?
Parce que, comme la demoiselle l'aurait probablement fait remarquer dans son état normal, il avait d'autres chats à fouetter.

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MessageSujet: Re: Au crépuscule Mar 21 Nov 2017, 02:11

Entre le latino dodu et la mégère attardée, l'opinion d'Isacielle vis à vis des humains n'allait guère en s'améliorant. Elle avait déjà eu à traiter avec certains d'entre eux lors de précédentes virées sur Terre au service de sa diabolique seigneurie, et avait parfois dû faire face à des réactions sinon totalement absurdes, du moins tout à fait inattendues; Mais ce duo d'énergumènes était particulièrement gratiné en la matière. Le caractère de la duchesse semblait finalement plus approprié à son corps de perroquet.
Présentement, elle venait de marmonnait des paroles en vrac qu'Isacielle relégua rapidement au rang d'interaction sociale à laquelle il était inutile de donner suite et qui se heurtèrent donc très violemment à son indifférence.

"Allez, faites pas cette tête un peu de bonne volonté, ne soyez pas timide... vous n'êtes pas si laide voyooons... En tout cas largement assez bien pour lui"

Elle lui fit un clin d’œil complice.
Isacielle lui rendit un regard de glace. Cela ne sembla pas la déstabiliser d'un iota.

"Quand à vous ... vous ... voilà vous - son doigt finit par désigner une direction où du Lillian se trouvait - épargnez-nous ce vilain air grognon, c'est pas très sympa pour la demoiselle..."

Et de poursuivre sur sa lancée tout en oscillant dangereusement sur sa chaise, entre Lillian et une Isacielle interdite.

Cette dernière n'avait de toute façon qu'une conscience affaiblie de ce qui l'entourait : La grande salle du tribunal toute de marbre blanc bâtie, les voix tantôt indignées tantôt lasses qui raisonnaient clairement sous l'immense coupole qui surplombait l'assemblée, le brouhaha constant et les grattements de plumes en guise d'arrière plan sonore, provoqués par le régiment d'anges du service juridique et de l'administration qui semblaient prendre plaisir à donner leur avis à leurs voisins de pupitre d'un air convaincu et moralisateur, Cella qui divaguait dans ses oreilles - tout ceci était éclipsé par l'impériale présence du silencieux maître de la cérémonie.
La présence du roi des enfer était oppressante. C'était un phénomène contre lequel Isacielle ne pouvait lutter : lorsqu'il se trouvait à proximité, le monde alentour perdait de sa substance et son maître semblait alors incarner le seul élément cohabitant dans la même réalité qu'elle.

Pendant se temps se poursuivait ce qui était de toute évidence le procès du démon le plus incontrôlable et farfelu du système. Ayant enfin réussi à mettre la main dessus, ils n'avaient apparemment pas l'intention de le laisser filer et avaient plutôt décidé de ressortir tous les dossiers le concernant enregistrés depuis le début de son existence. Ou depuis moins de temps, auquel cas Lillian était vraiment vraiment très agité. Et comme s'était répandue la nouvelle que l'insaisissable Seh'Lilliameran allait être coincé dans un tribunal entouré d'une ribambelle de membres de la justice qui ne le portaient pas dans leur cœur et donc tout à fait disposés à saisir n'importe quel prétexte pour lui en faire prendre le plus cher possible, tous les clodos un peu susceptibles qui avaient déjà croisé son regard avaient bien vite rappliqué pour ajouter leur touche personnelle au tableau de sa déconvenue.

Isacielle était donc pour l'heure reléguée au rang de spectatrice on ne peut plus désintéressée par le spectacle. Elle interviendrait plus tard - possiblement vraiment beaucoup plus tard - pour témoigner des événements qui s'étaient produits dans la forêt. Elle était d'ailleurs un témoin prisé des lors qu'elle avait assisté ou participé à des faits qui finissaient par être discutés dans le cadre de ce tribunal, du fait de son détachement inné.
Étrangement, Lillian avait également l'air tout à fait désintéressé par le spectacle. Cella qui n'avait pas fini de jacasser ne l'aidait probablement pas à se concentrer.

Et les plaignants continuaient à défiler, certains parce qu'on leur avait marché sur le pied, d'autres parce qu'on les avait coupé en deux. Beaucoup d'anges de l'administration on ne peut plus banaux - apparemment Lillian ne faisait pas grand cas de l'administration - beaucoup plus rarement des démons.

C'est l'un d'entre eux qui s'était avancé et qui avait commencé à parler :

"Votre honneur, il m'a volé une âme! L'homme étant mort dans des circonstances que personne n'avait pu envisager, je veux bien accepter que l'administration des enfers n'ait pas de responsabilité dans cette mort qu'il me revenait pourtant de distribuer; Mais il avait bel et bien fait un pacte avec moi, des années auparavant et son âme me revenait de droit!"

Les différents membres de l'assemblée rassemblaient leur paperasse pour retrouver le dossier concerné.

"L'âme aurait dû être récupérée et conservée pour de m'être remise aussitôt la situation éclaircie! Mais il -il gratifia Lillian d'un doigt accusateur et d'un regard furieux- s'en est emparée, votre honneur, sans aucun scrupule il a profité de la confusion générale pour s'offrir une âme -MON âme- à MES frais!"

L'ange qui présidait le procès, parvint enfin à prendre la parole alors que le démon en colère reprenait son souffle, et demanda de qu'elle âme il s'agissait.

"Arqual Ondenoire, votre honneur"

Isacielle détourna inconsciemment son regard de l'imposante silhouette de son maître démoniaque pour se tourner vers l'endroit où ce nom avait été prononcé.

[Rappel: Ondenoire c'est le mec qu'Isacielle avait tué, ce qui avait enclenché la malédiction. Je me suis dit qu'en ramenant son âme je trouverais peut être un prétexte plausible pour réparer son vœux où un truc du genre. Et sinon on fait sauter les enfers et plus d'enfer=plus de roi=plus d'emprisonnement]
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MessageSujet: Re: Au crépuscule Jeu 23 Nov 2017, 02:09

Sous la haute coupole de la salle d’audience jouait un immense orchestre. Les crissements de plume étaients des coups d’archets, vifs et secs. Les lamentations et récriminations des plaignants faisaient comme des cuivres plaintifs, qui suivaient comme un choeur le Soprano infatigable de Cella. Et en toile de fond, féroce et vibrante, une colère sourde frappait comme un tambour sous le crâne de Lillian.

Il repassa lentement dans son esprit quelques pensées à vertus calmantes : ils ne pouvaient pas véritablement lui nuire ; pas pour les menus délits qui constituaient ses antécédents jusque là. Certes, il les haïssait tous profondément, eux  et ce qu'ils representaient. Cependant, il avait tout à perdre en ne se calmant pas un tant soit peu.

Tandis que les plaignants défilaient, Lillian s’efforça de retrouver un semblant de contenance. Et puis, le tourbillon de sons autour de lui subit une perturbation.

“Seh’Lilliameran. Veuillez répondre aux accusations qui sont portées contre vous” exigea le président par dessus le vacarme, apparemment un peu agacé.

Lillian soupira. Il prit la parole d’une voix lasse, mais ferme, qui mit un instant en sourdine les plumes et les cantatrices en herbe.

“Je me souviens d’une époque où un démon avait honte de porter devant cette cour une affaire qu’il était incapable de régler lui-même. Que mes confrères se souviennent que ce tribunal n’est pas le nôtre. Nous sommes des êtres libres, on ne peut pas nous priver de ce qui nous constitue.”

“Mais soit, j’admets, j’ai récupéré cette âme, que nul n'a osé venir réclamer en personne depuis.”


Le juge leva les yeux au ciel.

“Certes, Merci pour cette introduction. Enoncez le détail des faits devant le tribunal.”


Le démon laissa passer une pause qui produit un modeste effet dramatique. Et puis, comme pris d’une inspiration soudaine, il se leva subitement. Il se tenait très droit malgré la très légère pression de l’aura du roi des enfers qui le rendait vaguement nauséeux.

“À l'époque où le royaume d’Yll tenait encore debout, sous le huitième jour de la treizième année de règne de son avant-dernier roi, j’ai conclu un pacte avec un jeune homme de dix-neuf ans, dix lunes et sept jours, prénommé Leste.

Il voulait trouver une femme qui l’aimerait et qu’il aimerait toute sa vie durant.”
Il haussa les épaules. “Je l’ai envoyé trouver une femme dont l’amour causerait immanquablement sa mort.”

Personne ne souleva un sourcil ; le coup était classique.

“En venant chercher mon dû, j’ai trébuché sur le corps sans vie d’Arqual Ondenoire, et j’ai ramassé ce qu’un démon étourdi avait négligé de venir chercher.”

“Hum, d'accord, passons sur vos hypothèses. Qu’est devenue cette âme ?”

“C’était l’âme noire et froide d'un assassin sans cœur. Je l’ai jetée dans une forge, et en ai façonné l’épée qui a conduit la trahison et fin tragique du royaume de Languivogue. Elle se trouvait pour un temps dans le caveau des Rois d’Yll, mais elle s’est perdue au cours des différents pillages. Je ne sais pas où elle se trouve aujourd’hui.”


Sa tirade terminée, le démon se laissa retomber sur son siège avec un air morose.

“Très bien,”
déclara le juge sur le ton de la procédure. “Vous irez donc retrouver cette âme, toutes affaires cessantes, afin de la restituer à son propriétaire légitime. Un agent de la cour vous accompagnera, pour s’assurer que vous la restituiez, ainsi que pour surveiller les déplacements de l’humaine dénnomée Cella, en attendant que la cour statue sur sa libération.”

Lillian se raidit.

“Pardon ?!”

“Mais nous y reviendrons,” poursuivit le président. “En attendant, nous avons une plainte pour préjudice moral et blessures légères. Que le plaignant s’exprime devant la cour.”

Et sur ces bonnes paroles, le procès repris son flot morne de récriminations grotesques. On arriva finalement au cas de Cella, en effet, et il fut conclu comme annoncé que cette jeune femme n’avait pas à mourir de nouveau. Comme on ne pouvait pas la rendre à son démon sans une quantité effroyable de paperasse, mais pas non plus la lui retirer, elle resterait avec lui, suivie par un agent qualifié  des services infernaux.

Lorsqu’enfin, on déclara la fin de la séance, Lillian eut tout le loisir de signer des monceaux de parchemins, d’envoyer des oiseaux chercher des garçons de courses qui revenaient les bras chargés de coffres, et de regarder enfin une petite partie de sa fortune passer dans les mains de fonctionnaires impassibles. Les dédomagements se comptaient parfois en artéfacts étranges, parfois en de petites perles d’âmes brillantes et rondes. De temps en temps, un être humain bien vivant était consigné par les grattes papier. Plus rarement, il arrivait en pièces détachées.

L’un après l’autre, les comptes furent réglés. La salle où ces choses étaient réglées était un petit bureau annexe à la salle d'audience ; une fois que les scribes l'eurent quittée, Lillian se retrouva seul entre la femme sinistre qui servait de bras droit au roi des démons, et la petite furie, qui s’était finalement calmée.

“Bon, déclara celle-ci d’un ton étonnament plat, comme si elle essayait d’éviter qu’un silence gênant ne s’installe. Je suppose que ma reprise de la couronne est reportée à plus tard…”

____

HRP : Comme ton avatar avait disparu, j'ai sorti un truc d'un carton car c'était trop triste

Lillian c'est ptetre un truc comme ça sa tête (mais version "envie de tuer" et moins propre sur lui)
Spoiler:
 

PS : j'ai rempacé le header Loki-meuf par un gif Vrai-Loki, ne me remercie pas bisous
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